BRUYERES AUTREFOIS...
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Pour mieux observer ce qui se passe dans la maison, elle a été
privée de son mur de façade. Une femme vêtue de bleu
et portant un caleçon, soulève sa robe devant l’âtre
dont on aperçoit la flamme à gauche. ![]() La ferme est entourée d’une clôture en osier, le «plessis»,
avec une porte sur le côté. Une femme emmitouflée dans
sa houppelande rejoint la maison en soufflant sur ses doigts pour les dégourdir.
Les brebis se tiennent chaud mutuellement dans la bergerie, dont le toit
a perdu quelques tuiles, un mouton passe la tête par une brèche.
Derrière la maison se trouvent des tonneaux et des fagots de bois.
Sur la droite, une charrette et quatre ruches. Les paysans élevaient
des abeilles pour remplacer le sucre (de canne) qui était rare et
d’un prix élevé. Un pigeonnier sur la droite permet de penser qu’il s’agit de la ferme d’un seigneur étant donné que l’élevage des pigeons était réservé aux châtelains durant le moyen-âge. Les pigeons sont en train de picorer dans la cour de la ferme. Au sommet le zodiaque avec les signes des poissons et du verseau, et le char du temps qui avance inexorablement dans le ciel étoilé. Cette miniature donne une impression d’opulence et de sérénité. C’est le repos après les durs travaux des champs. Certains situent sa date aux alentours de 1438-1442, et son exécution par un peintre anonyme à la cour du roi Charles VII, alors que d’autres l’attribuent aux Frères de Limbourg et la datent aux environs de 1416. On connaît peu de chose sur la vie des enlumineurs médiévaux, dont les talents sont incontestables, mais qui étaient discrets et devaient bénéficier de la protection d’un mécène pour vivre de leur art. Monique
Berhuy
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