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L’ancêtre le plus lointain de notre lignée qui figure
dans les registres est un certain Jean, marié à Magdelaine
Rebourel. Leurs dates de naissance ne sont pas connues, mais deux de leurs
enfants (sur quatre recensés) sont nés en 1663 et 1664.
Cinq générations plus tard, Jean-Baptiste Didier Coret (1758-1821) épousa à Bruyères le 23 novembre 1784 Marie-Madeleine Jaillier (1761-1847). Jean-Baptiste Didier tenait la ferme d’Arny. Dix enfants naîtront de cette union, dont Augustin le 26 mars 1796. |
Augustin épousa le 9 janvier 1821 Marguerite
Antoinette Bonnet de Marcoussis (1798/1870). C’est probablement lui qui
fit bâtir aux environs de 1850, à deux cents mètres
du hameau d’Arny, la ferme qu’il occupa toute sa vie. En effet, il existe
dans les papiers familiaux une obligation datée de février
1851 pour la somme de 1000 francs, qui fut remboursée intégralement
à échéance en 1854.
Mais aucun document n’a été gardé quant à la date de construction. Une parcelle lui appartenait en propre et l’échange d’un terrain contigu avec M. Charlet du château d’Arny ont dû constituer une surface suffisante. |
Ils eurent quatre enfants : Augustin Jean-Baptiste
(1821-1829), Alexandrine Rosalie (décédée à
cinq mois), Charles Eugène (1830-1845), et mon arrière grand-père
Ferdinand (1836-1899). La tuberculose faisait des ravages à
cette époque !
Augustin est décédé le 26 janvier 1864, il avait 68 ans. . Ferdinand, marié à Anne Armande Virginie Simon (1835-1927) eut deux fils. L’aîné Jules est allé s’installer dans la région Lyonnaise où la famille Coret continue à s’épanouir. Louis Ferdinand (1860-1943), mon grand-père, marié à Mélanie Tellier (1865-1949) est le dernier du nom puisqu’il n’a eu que des filles, ma tante France (sans postérité) et maman, Louise Désirée, qui n’a donné naissance qu’à des filles elle aussi. |
Les terres du Hurepoix ne sont pas très riches,
certes, mais elles sont de nature diverse, argileuses à certains
endroits (on a fabriqué des briques et des tuiles dans le passé,
et extrait une pierre du pays qui est une sorte de meulière très
solide dont sont faites les vieilles maisons d’ici – on l’appelle la caillasse),
sablonneuses à d’autres endroits et quasiment impossibles à
cultiver. Il pousse naturellement dans le sable la bruyère
(qui a donné son nom au village), les fougères, les bouleaux
et les résineux, d’où la parure de verdure qui coiffe le
village.
Au Moyen-Âge sont venus s’installer des moines qui donnaient à cultiver des vignes aux paysans pour leur consommation personnelle de vin. Il en fallait beaucoup pour les messes ; c’était aussi une monnaie d’échange. Les vignes mûrissaient sur les côtes orientées en plein soleil de Bruyères et d’Ollainville (qui a fait partie de la paroisse de Bruyères jusqu’en 1792). Les communautés religieuses ont quitté Bruyères quelques années avant la Révolution de 1789, mais la culture de la vigne à vin est restée traditionnelle sur notre territoire. C'est ainsi qu'Augustin était vigneron. A part les cultures vivrières et les soins donnés à la vigne, nos ancêtres devaient nourrir leur famille en exerçant d’autres occupations. Par exemple, Augustin est donné comme filassier en février sur l’acte de baptême d’Alexandrine Rosalie. Toutes les familles cultivaient du chanvre, qui était roui dans le ru qui passe derrière chez nous. On le filait et on le donnait à tisser pour faire des draps. Il y avait aussi quelques cultures céréalières : froment et seigle pour le pain de la famille. Le grain était moulu au moulin de Trévoie, établi sur la rivière Rémarde. Chaque famille possédait un cheval ou un bidet, une ou deux vaches, ou une chèvre, un porc, des volailles, des lapins. Ces paysans n’étaient pas très riches, mais courageux et travailleurs. Le surplus des récoltes était vendu au marché d’Arpajon où les acheteurs discutaient des prix à n’en plus finir, ce qui exaspéraient ces braves qui avaient eu tant de mal à tirer quelque chose de la terre et qui s’estimaient exploités par les gens de la ville. Pour le « ventre de Paris » des légumes et des fleurs étaient soigneusement récoltés sur des petites parcelles familiales. Ils étaient portés et vendus aux Halles de Paris avec la voiture à cheval. Ce dernier connaissait le chemin, surtout celui des bistrots quand on rentrait à la maison. Ces cultures maraîchères étaient réputées dans la région de Bruyères. Une maison grainière de Metz en Moselle faisait cultiver ses semences ici. Au moment de la guerre de 1870, pour échapper à l’annexion de la Lorraine, elle vint s’installer à Bruyères. Ce fut une richesse car elle apportait du travail. Monique Berhuy
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